La médecine Prophétique :

Il faut savoir qu’il y a plusieurs avis chez les savants musulmans concernant l’origine des
conseils prophétiques relatifs à la médecine, notamment sur le fait de les considérer comme
émanant de la révélation divine ou comme étant des opinions personnelles du Prophète -salla
Allahou ‘alayhi wa salam-
La médecine du Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- est sure et certaine car elle
provient de la révélation divine alors que celle des médecins n’est qu’intuition, conjectures
et expérimentations.
La proportion de ce qu’ils connaissent de la médecine équivaut à la proportion des
connaissances qu’ils ont de la science que les Prophètes -salla Allahou ‘alayhi wa salam- ont
apporté.
On retrouve dans la médecine prophétique des médicaments qui guérissent des maladies alors
que les plus grands médecins n’y arrivent pas, malgré leurs science, leurs expériences et
analogies :
Ce sont les remèdes intérieurs et spirituels : la ténacité, l’appui au Seigneur, comptez sur
Lui, le recours à Lui, la soumission, l’aumône, l’invocation, le repentir et la demande de son
pardon, le bienfait aux gens, le secours et le soulagement de l’affligé.
Ces remèdes expérimentés par les nations de différentes religions ont permis de trouver des
remèdes guérissant lorsque qu’aucun savants médecins n’y sont arrivés.
Comme le résume très bien cette phrase : Selon la loi de la sagesse divine : le cœur qui est
en contact permanent avec le Seigneur de L’univers, le Créateur de la maladie et du
remède, ce cœur aura des remèdes autres que ceux des cœurs qui lui sont loin en lui
tournant le dos.
Un avis médian parait le plus juste sur cette question disant (Ibn Hajar) :
« La plupart des remèdes que préconisait le Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salamaux
malades découlait de sa connaissance de la médecine empirique arabe mais il y avait
aussi certains remèdes qu’il connaissait par le biais de la révélation. »
(Fath al Bari, commentaire du Sahih Boukhari)
Ibn Khaldoun (historien philosophe du 14ème s) a dit suite à ces propos :
« Cependant, si on utilise la médecine prophétique avec l’intention de s’attirer la
bénédiction divine et dans un véritable esprit de foi alors cela aura des effets de guérison
remarquables. Quoique cela n’a rien à voir avec la médecine humorale : c’est plutôt un fruit
de la foi. »
Comme dans l’histoire relatée dans le hadith suivant :
« Un homme est venu demander conseil au Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- sur le
cas de son frère qui se plaignait d’un mal de ventre. Le Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa
salam- lui dit : « Donne lui du miel ». L’homme partir puis revint et dit au Prophète -salla
Allahou ‘alayhi wa salam- : « Je lui ai donné du miel mais ça n’a rien fait ! » Le Prophète –
salla Allahou ‘alayhi wa salam- lui dit : « Donne lui encore du miel ». L’homme partir de
nouveau puis revint et dit : « Je lui ai encore donné du miel mais ça n’a rien fait ! » Le
Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- lui dit alors : « Dieu a dit vrai et le ventre de ton
frère a menti ! » Puis en effet, lorsque son frère reprit encore du miel son mal se dissipa. »
C’est-à-dire commentent les exégètes que le remède préconisé par le Coran est efficace
mais que le mal dont souffrait son frère nécessitait plusieurs prises.
Sa’d -qu’Allah l’agrée- rapporte : « Je suis tombé malade, et le Messager d’Allah (salallahu
‘alayhi wasalam) est venu me rendre visite. Il mit sa main entre mes deux tétons au point que
je sente sa froideur sur mon cœur, et il me dit: « Tu souffres de problèmes cardiaques, vas
chez Al-Hârith Ibn Kaladah de Thaqîf, car il s’adonne à la médecine, et dis-lui de prendre sept
dattes de Médine, de les briser avec leur noyau, et de les administrer en coin de bouche (Al Ladûd)

Al-Maf’ûd (l’homme cardiaque) est celui qui se plaint du cœur, de la même manière que Al Mabtûn
désigne celui qui se plaint du ventre. Et Al-Ladûd désigne ce qui est administré en
coin de bouche.
Les dattes possèdent des propriétés étonnantes pour ce mal, et tout particulièrement les dattes
de Médine, notamment [celles qu’on nomme] Al-‘Ajwah. Le fait qu’elles doivent être au
nombre de sept est une chose qui doit être abordée par la Révélation.
Sa’d Ibn Abî Waqqâs -qu’Allah l’agrée- rapporte que le Messager d’Allah (salallahu ‘alayhi
wasalam) a dit : « Celui qui mange au matin sept dattes [du village] Al-‘Âliyah ne sera
touché en ce jour ni par le poison ni par la sorcellerie. » et sous une autre formulation :
« Celui qui mange au matin sept dattes cueillies entre ces deux terres volcaniques2
ne
sera touché par aucun poison jusqu’au soir. » [Al-Bukhârî (5768) et Muslim (2047)]
Les dattes sont chaudes du deuxième degré, et sèches du premier degré. On dit aussi qu’elles
sont humides, et aussi modérées3
. Elles constituent une bonne nourriture, préservant la santé,
surtout pour ceux qui ont l’habitude d’en consommer, comme les habitants de Médine et
autres. Elles comptent parmi les meilleurs aliments dans les pays froids et chauds dont la
température est du deuxième degré, et elles sont meilleures pour eux que pour les habitants
des pays froids, en raison de la fraîcheur de l’organisme de leurs habitants, et de la chaleur de
l’organisme des gens des pays froids. C’est pourquoi les habitants du Hijâz, du Yémen et de
At-Tâ’if et leurs alentours ont l’habitude de se nourrir beaucoup d’aliments [d’humeur]
chaude, plus que d’autres, comme les dattes et le miel. Nous les avons vus ajouter à leurs mets
dix fois de plus de poivre et de gingembre que les autres, voire plus encore. Ils consomment

1 En arabe, les remèdes portent des noms différents selon leur mode d’utilisation. Ainsi, As-Sa’ût désigne ce qui
est pris par le nez, et Al-Ladûd ce qui est pris du coin de la bouche.
2 C’est-à-dire Médine qui est située entre deux terres volcaniques, à l’Est et l’Ouest.

Pour bien comprendre cet ouvrage, il est nécessaire de savoir que Ibn Al-Qayyim l’écrit alors qu’à son époque
la médecine est dominée par la théorie des humeurs qui fut l’une des bases de la médecine antique. En
médecine, l’humeur désignait les liquides circulant dans l’organisme tels que le sang, la lymphe et la bile. Selon
cette théorie, le corps est constitué des quatre éléments fondamentaux, air, feu, eau et terre possédant quatre
qualités : chaud ou froid, sec ou humide. Ces éléments, mutuellement antagoniques (l’eau, la terre éteignent le
feu, le feu fait s’évaporer l’eau), doivent coexister en équilibre pour que la personne soit en bonne santé. Tout
déséquilibre mineur entraîne des « sautes d’humeur », tout déséquilibre majeur menace la santé du sujet. La
santé (de l’esprit ou du corps) varie en fonction de l’équilibre des humeurs dans le corps. Lors d’un
déséquilibre, quand une humeur l’emporte sur toutes les autres, ou que son influence est excessive, les maladies
physiques et psychiques surviennent. Les traitements sont donc calculés pour rétablir l’équilibre et les régimes
pour le maintenir. Si l’humeur ne peut s’évacuer naturellement (par vomissement, expectoration, saignement de
nez, urine ou défécation), on peut avoir recours à des remèdes qui vont la provoquer (purgatifs, saignées).Dans le
cas contraire, lorsqu’une humeur fait défaut, on peut y remédier par une nourriture appropriée, ou des exercices.
Il faut également bien distinguer ce qui, dans les propos de l’auteur, est basé sur un Texte du Coran et de la Sunna, et ce qui fait référence à l’expérience et aux remèdes connus de l’époque.
Quant aux gens de Médine, les dattes sont pour eux presque comme le blé pour les autres.
Elles sont leur subsistance et leur matière, et les dattes de Al-‘Âliyah comptent parmi les
meilleures de leurs dattes, car elles renforcent le corps, sont d’un goût exquis, et d’une
véritable douceur. Les dattes sont à la fois un aliment, un remède et un fruit, elles conviennent
à la plupart des corps, renforcent la chaleur interne, et ne produisent pas d’excédents mauvais
comme d’autres aliments ou fruits. Plus encore, elles protègent celui qui prend l’habitude d’en
consommer de la puanteur et la corruption des humeurs.
Ce hadith est un propos spécifique adressé aux gens de Médine et ses alentours, et nul doute
que les lieux ont des spécificités, et de nombreux remèdes sont bénéfiques à un endroit et pas
ailleurs. Un remède poussant à cet endroit peut être bon pour une maladie, mais ne pas avoir
cette propriété s’il pousse ailleurs en raison de l’influence de la terre ou de l’air ou des deux.
La terre a des propriétés et natures dont la diversité est proche de celles de l’homme. De
nombreuses plantes peuvent être un aliment dans un pays et un poison mortel dans un autre ;
un remède pour les uns et un aliment pour les autres ; un remède pour des maladies chez
certains, et un remède pour d’autres maladies chez d’autres ; un remède convenant aux gens
d’une région mais pas à d’autres.
Quant au nombre sept, il trouve son explication dans la création et la Législation. Allah a créé
les cieux, les terres, et les jours au nombre de sept. De même, l’homme fut créé en sept
phases.
Allah a légiféré à Ses serviteurs de tourner sept fois autour de la Ka’bah, les allers-retours
entre As-Safâ et Al-Marwah sont également au nombre de sept, les lapidations des stèles se
fait par série de sept, et les premiers Takbîr de la prière du ‘Îd sont également au nombre de
sept. Le Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- a dit : « Commandez à vos enfants de
célébrer la prière à l’âge de sept ans. » [Sahîh Abû Dâwud (494)] Lorsqu’il était malade, le
Prophète -salla Allahou ‘alayhi wa salam- ordonna qu’on verse sur lui sept outres. [AlBukhârî
(4442)] Allah envoya le vent contre le peuple de ‘Âd pendant sept nuits, et le
Prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) demanda à Allah qu’Il l’aide contre son peuple par
« sept » comme les sept de Yûsuf. [Al-Bukhârî (1006)] Allah a comparé ce qui multiplie
l’aumône à un grain qui fait pousser sept épis, chaque épi contenant cent grains ; les épis vus
par le compagnon de Yûsuf étaient au nombre de sept, et ils les ont semés pendant sept ans, et
l’aumône est multipliée jusqu’à sept cent fois, voire plus encore, et ceux qui entreront au
Paradis sans jugement dans cette communauté seront soixante-dix mille …..
Nul doute que ce chiffre possède des spécificités que d’autres n’ont pas. Le sept rassemble la
signification des nombres, dans leur ensemble et leurs spécificités. Le nombre est soit pair,
soit impair. Les nombres pairs sont premiers et seconds, de même pour les nombres impairs.
Ce sont quatre degrés : pair premier et second, impair premier et second. Ces degrés ne
sauraient être moindre que sept qui est un nombre complet qui rassemble les quatre degrés des
nombres, c’est-à-dire : pair, impair, premiers et seconds, ce qui signifie pour l’impair : le
premier est le nombre trois, et le second est le nombre cinq. Le premier pair est le nombre
deux, et le second est le nombre quatre…….

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